L’exode rural en 2020

Mouvement démographique : L’explosion démographique accentuée dans le milieu urbain est source de débat dans la mesure où on note une urbanisation réelle mais sur évaluée

« La France a un grand phénomène d’exode rural »

Jean-Michel BLANQUER

Suite à une invitation à une émission, le premier ministre affirme, en effet, qu’il y a un fort nombre de déplacements des citoyens de la campagne vers les grandes villes d’où leurs saturations et la désertification des espaces rurales. L’essor de l’exode rural est noté depuis la révolution jusqu’à nos jours menant à une avancée flagrante des inégalités sociales et une explosion démographique dans certaines zones françaises.

 Cependant d’autres pense que le mot « rural » n’est plus d’actualité ou alors est révolu. Car aux vues de l’analyse démographique de lnsee et des évolutions territoriales en France, il semblerait que l’on ait plus à parler de ruralité mais plutôt l’évolution vers une France essentiellement urbaine qui est presque fini. Il est donc nécessaire d’analyser les objets justifiant d’un tel couronnement.

Exode rural ou déplacement hors normes ?

L’expression « exode rural » présente tacitement une foulée démographique inévitable du monde rural. Certes, un bon nombre de territoires ruraux ont connu de l’émigration suite à plusieurs causes, de par le départ d’actifs ruraux vers des milieux  où se développent des sites industriels étant sources d’emplois et de développement, le départ de populations rurales n’ayant plus d’espoir d’emplois agricoles compte tenu de l’évolution à grande échelle du domaine  primaire, le départ afin d’obtenir  des formations ou de bénéficier des variétés du champs de professionnalisation non présents sur les territoires ruraux, gravitation  pour des emplois tertiaires s’enracinant surtout dans les villes et dans les grandes villes, politiques de centralisation contradictoire d’un arrangement équilibré du milieu territorial, politiques économiques et fiscales décourageant l’utilisation agricole et réduisant la profitabilité du secteur de l’agriculture…

Toutefois, l’émigration rurale n’a pas été une fatalité. Son intensité a été variable en fonction de la capacité des territoires ruraux à créer des emplois dans d’autres secteurs pour compenser la diminution de l’emploi dans l’agriculture. Certains territoires, comme la Vendée ou la Mayenne en France, ont limité l’émigration rurale, car ils ont su créer des industries à la campagne qui ont offert des emplois. Ailleurs, l’émigration rurale a été moins intense chaque fois que des entrepreneurs locaux ont su développer des activités. Autre exemple, aujourd’hui, l’émigration rurale peut se trouver contenue lorsque des territoires ruraux savent y développer des infrastructures permettant le télétravail, à l’exemple du Cantal notamment dans le pays de Murat. Recourir à l’expression « exode rural » revient à mal nommer un phénomène et à le penser comme une fatalité, ce qui renvoie à la phrase prêtée à Albert Camus : « Mal nommer les choses, c ‘est ajouter au malheur du monde ».

C’est pourquoi il faut utiliser un concept scientifiquement juste, celui d’émigration rurale, car il permet une véritable analyse des dynamiques démographiques, extrêmement variables, selon les territoires ruraux.

Exode rural et problème d’habitat 

Il y a une vingtaine d’années, les soucis de logements ruraux prospéraient essentiellement autour des questions de l’antériorité et de l’incommodité du parc, de la renonciation et de la vacuité de nombreux logements délaissés par l’émigration des habitants, parfois même de la disposition des matériaux de base que sont l’eau et l’électricité pour les territoires qui avaient été les plus tardivement servies par les services du génie rural. Depuis, un mouvement pragmatique de rénovation de l’habitat ancien et de construction neuve a complètement retourné la situation ; certains de ces aléas peuvent sembler éradiqués, mais d’autres nouveaux sont apparu avec des importantes reconversions de la société rurale. Aujourd’hui, il faudrait en venir à la question de l’habitat rural d’une manière plus avancée et plus élargie, comme étant non seulement celle de l’espace bâti des territoires ruraux (traditionnel ou nouveau), mais aussi de l’habitat des résidents continuels ou temporaires et des délais relatives à leurs façons d’habiter. Sur tous ces points les transitions des dernières années ont été considérablement nombreuses et leurs effets vont continuer dans les années à venir.

Exode rural : les problèmes de mobilité dans les grandes villes.

Ce déplacement massif reste un phénomène qui développe une succession de conséquences dont les soucis dans les moyens de déplacements. Les embouteillages représentent une apparence mondiale dont les causes sont connues, mais finalement peu analysées dans le but de promouvoir le trafic : densité de la population, vigueur de l’économie, état des infrastructures routières, qualité des transports en commun… Régler les problèmes de trafic demande donc une méthode adaptée aux nécessités de chaque région. 

Si l’on change de caractéristiques pour mettre l’accent sur le temps perdu par automobiliste chaque année, c’est l’Europe qui prend la première place, d’après FleetMag, avec huit grandes villes dans le top dix mondial, dont Rome (254 heures), Dublin (246 heures), Paris (237 heures), Rostov-sur-le-Don (237 heures) et Londres (227 heures). Nos régions ne sont pas épargnées : En moyenne, un automobiliste bordelais aurait passé 223 heures par an dans les bouchons, 163 heures à Montpellier, 141 heures à Lyon et 140 heures à Marseille ! L'âge de ces villes, et de leurs routes, dont certains tracés remontent à l’époque romaine, constitue un facteur primordial de complexité. Il est important de prendre en compte le fait que la plupart de ces territoires présentent un contournement, devenue moins utilitaire quand la conurbation a émancipé à l’extérieur. Parmi les facteurs avantageux, l’analyse pointe l’aptitude des transports en commun et le pouvoir de ces villes à déterminer le domaine routier à divers d’autres façons de transport ou à l’utilisation du public. 

Exode urbain : Un revirement de situation ? 

Les causes en sont diverses. Psychologiques et qualitatives d’abord : avec la vogue de 

L’environnement apparue à la fin des années 1960, tout ce qui est petit est beau, et la campagne idéalisée apparaît plus agréable que la ville. De plus, les Français ont un gout ancien pour la maison individuelle : toutes les enquêtes (la première date de 1945) le montrent. Une autre cause importante a joué́ : la banalisation de l’automobile, qui permet de vivre à la campagne et de travailler en ville. Le taux d’équipement a dépassé́ 50 % dans les années 1960, puis il a atteint cinq ménages sur six aujourd’hui